Samedi 25 Janvier 2020 - Librairie Archipel - Lyon

Ruralités - Interdépendances, Récits & Devenirs


Peu à peu démunis de l’autonomie qu’ils entretenaient jadis, les territoires (autrefois) ruraux sont aujourd’hui, pour la plupart, assujettis aux règles du jeu des métropoles, qui concentrent travail, services, offre culturelle, institutions, nœuds de transport et industries.
Impactés par l’empreinte fantôme de ces centralités, s’ils ne sont ces dernières décennies ni devenus des banlieues dortoirs, ni des hauts-lieux du tourisme estival, ils ont été peu à peu désertés, laissant ainsi en leur sein un patrimoine architectural vacant, tout comme des habitants.
Parallèlement, si les métropoles sont attractives, elles souffrent de pollutions, de nuisances et d’un coût élevé en termes d’immobilier et de consommation quotidienne. Plus accessibles d’un point de vue économique, moins denses et plus végétalisés, ces territoires marginaux se remettent à attirer l’attention de citoyens à la recherche d’autres modes de vie, mais aussi d’architectes, curieux d'expérimenter et de ré-écrire des scénarios in situ, participant ainsi à la lente mais nécessaire transformation de ces lieux.
Pour le concepteur attentif, ce qui subsiste de leur identité locale - habitants, matières, ressources, savoir-faire - peut devenir une base fertile pour re-penser une architecture située et alternative au modèle métropolitain. De même, la vacance permet de repenser les espaces publics ainsi que de nouvelles méthodologies de projet et typologies architecturales.
Par ailleurs, si les règles du jeu urbanistiques y sont souvent plus souples, les interlocuteurs plus directs, les budgets y sont aussi plus humbles. En émerge une approche singulière de la pratique architecturale et artistique.

Dans le cadre de la sortie lyonnaise du numéro #1 Territoires fantômes, la revue le C.R.I propose de convier au sein du centre de culture urbaine Archipel, architectes, chercheurs, et artistes travaillant en milieux ruraux, afin de discuter des interrelations que ces territoires entretiennent avec d'autres, des émergences méthodologiques qu'ils soulèvent, et de souligner les spécificités qu'ils engagent sur la pratique.


Intervenants


Architecte DPLG et diplômé d'un Master 2 Recherche et Philosophie, Pierre Janin est Architecte Conseil de l'État depuis 2016 dans le département de Nièvre. Il a fondé en 2007 l'agence Fabriques Architectures Paysages avec son frère Rémi basé à Vernand et à Lyon. Dans ses études et projets, l'agence Fabriques interroge l'évolution et les possibles hybridations des pratiques urbaines et agricoles.
https://www.fabriques-ap.net/

Thomas Mouillon est le co-fondateur de l’atelier ACTM, créé à Grenoble en 2017. L’agence construit actuellement des ateliers d’artistes pour un collectif franco-suisse dans une petite commune de l’Ain, incorporant des réflexions sur la narration, le temps qui passe, la valorisation de chacun et la notion d’habiter.
http://www.actm.archi/

Lucie Boissenin est architecte D.E. et doctorante en architecture et sciences territoriales au sein du LabEx Architecture, Environnement et Cultures Constructives de l’ENSA Grenoble. Ses travaux portent sur la réhabilitation du patrimoine bâti et son impact sur le développement territorial.
https://culturesconstructives-aecc.com/

Alissone Perdrix est cinéaste et membre actif de Carton plein, association récemment installée à Job dans le Puy de Dôme, commune de 1000 habitants. Associé à des résidences et des workshops entre habitants et membres extérieurs, le projet vise à développer à travers des projets artistiques et culturels un nouveau regard sur ce territoire.
http://www.carton-plein.org/

Alexis Stremsdoerfer est architecte et enseignant à l'ENSAL. Membre de la jeune agence lyonnaise Commune, il a préalablement effectué une thèse au sein de du cabinet d'architecture de Bernard Quirot, où il s'est intéressé aux ressources poétiques des territoires ruraux et aux transformations en cours sur ces territoires.
http://commune.archi/

Samedi 18 Janvier 2020 - Librairie Zoème - Marseille

Représenter les territoires fantômes méditerranéens.

 

Le regard de l'architecte et de l'aménageur a tendance à objectiver les territoires : la mise en scène d'un espace supposément vide génère des fantasmes d'usages, simulant ainsi une réalité abstraite. Les territoires fantômes sont les réminiscences qui résistent à cette abstraction, ces traces accumulées dans le temps, humaines et non humaines.
Le numéro #1 Territoires fantômes propose de restituer la polysémie de ces lieux invisibles afin de développer de nouvelles esthétiques et imaginaires à même d'enrichir la méthodologie de projet. Les contributeurs de ce numéro ont su capter ces fantômes par la narration, les arts plastiques mais aussi parfois par le déplacement du corps in situ.Un monde vivant expérimenté par une expérience physique directe permettant ainsi de ré-arpenter, re-décrire ces territoires entrepris par l'homme, puis délaissés.
À l’occasion du lancement du numéro à Marseille, et afin d’esquisser ces différentes thématiques, le C.R.I sera accueilli par la librairie Zoème pour une rencontre co-organisée par Frédérique Mocquet, Geoffroy Mathieu,  Zoé Hagel, Dalila Ladjal du collectif SAFI, et Véronique Mure.

 


Intervenants

Architecte et chercheure, Frédérique Mocquet est maître de conférences associée à l'école d'architecture de la ville et des territoires Paris-Est (Eavt).

Les photographies de Geoffroy Mathieu interrogent la manière dont certaines questions écologiques ou politiques se concrétisent dans le paysage. À travers des protocoles de parcours, elles documentent les territoires en mutation, les frottements ville-nature ou les « résistances poétiques » dans les usages des lieux.
http://www.geoffroymathieu.com/

Le collectif d’artistes marcheurs cueilleurs, SAFI, apprend, rêve, partage et imagine quant à lui à partir du végétal. Plus que la nature conservée ou domestiquée, il s’intéresse aux espaces en friche, aux espaces complexes aux frontières de la ville où le jeu reste possible tout en posant les enjeux du devenir urbain.
https://collectifsafi.com/

Le cheminement de Zoé Hagel, de l’écologie scientifique à l’urbanisme, naît enfin du désir de déplier nos manières de vivre et d’habiter. Il interroge la fabrique urbaine au prisme des dimensions sensibles et vécues afin de parvenir à dé-hiérarchiser nos regards sur l’existant et penser la ville en termes de relations.

Botaniste et ingénieur en agronomie tropicale, Véronique Mure explore la valeur patrimoniale des jardins et des paysages méditerranéens à travers l’histoire et les dynamiques des végétaux qui les composent. Que ce soit dans ses missions d’analyse, de conseils ou d’interprétation elle œuvre pour donner toute sa place au vivant. C’est une conviction qu’elle aime partager et transmettre, qui l’a amené à publier plusieurs ouvrages et à enseigner la botanique à l’École Nationale Supérieure du Paysage de Versailles - Marseille.
https://www.botanique-jardins-paysages.com/

Lancement #1 Territoires Fantômes - Librairie Volume - Paris

en la présence des contributeurs Arthur Barbe, Victor Fraigneau et Antonin Monnier.

 

Semaine le C.R.I à la Biennale d'architecture de Lyon - La Sucrière

Mercredi 14 Juin
Table ronde programmée dans l'espace de l'agora à 16h, au travers de la thématique "La Renaturation, utopie concrète?".
Dans la continuité de la journée "Qui dira l'Architecture?", les membres du Cri ont présentés succinctement la revue, suivie par un échange entre le public et les intervenants présents : Guillaume Faburel, Thomas Mouillon et Chris Younès.